Epopée

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              FK-DI-ART-ART 0008 · Item
              Part of Fonds Lilyan Kesteloot

              Les épopées orales d'Afrique noire s'inscrivent dans plusieurs espaces: ceux qui relèvent d'une géographie très concrète correspondant aux lieux où se sont déroulées les actions évoquées; ceux qui relèvent d'un imaginaire lié à des con-ceptions cosmologiques locales ou étrangères (Islam surtout). Dans les épopées de l'Afrique nous rencontrons donc quatre ou cinq espaces physiques bien diffé-renciés: l'espace côtier ou fluvial, la savane herbeuse, la forêt, la montagne fores-tière, le désert.
              La première sensation lorsqu'on aborde les épopées du Sahel de l'epicbelt comme les désigne le professeur américain John W. Johnson, c'est bien l'immen-sité de ces savanes où galopent les chevaux de Soundiata, de Guéladio, de Da Monzon, de Silamaka, de Hambodédio, de Sampolel, de Issa Korombe, de Lat Dior.
              Chevaux de guerre mandingues, chevaux de razzieurs peuls, chevaux de bandits maures, la plaine à l'infini résonne encore du bruit de leurs sabots. On ne peut traverser le sablonneux pays wolof ou le rocailleux pays soninke, sans son-ger à ces cavaliers, ces paladins qui l'arpentèrent en tous sens, en comptant les distances par jours de marche; que ce soit les bergers rapides, à peine vêtus, seu-lement munis de leur lasso et de leurs lances, ou les guerriers (tondyon ou tied-do) lourdement chargés de gris gris, de sabres et de fusils rien ne les arrêta pen-dant des siècles sur les milliers de kilomètres carrés que compte la savane entre Dakar et Niamey. Rien sinon d'autres cavaliers, d'autres razzieurs, d'autres guer-riers. Comme rien n'intercepte le regard, rien ne le distrait sauf quelques rouges pitons rocheux, par-ci, par-là; rien donc que la savane clairsemée d'arbres mai-gres, comme transparents sous le soleil de plomb, ou la brume légère du matin qui leur donne allure de fantômes.
              Mais voici que je m'égare et que le principe de plaisir l'emporte sur le de-voir scientifique. Mais après tout il s'agit de littérature et il faut bien quelque part qu'elle reprenne ses droits. Bon, je m'arrête!

              Item · 2000
              Part of Fonds Lilyan Kesteloot

              Le pouvoir a de tout temps polarisé l'imaginaire, et sa répercussion sur la littérature fut magnifiquement illustrée en son temps par les travaux de Georges Dumézil. Dans ses trois tomes de Mythe et épopée¹, rappelons que Dumézil a développé tout à loisir les multiples expressions du pouvoir doté tour à tour des fonctions religieuse, guerrière et nourricière, et ce à travers les épopées indo-européennes, depuis les Nartes jusqu'au Mahabârata, des Greco-Latins aux Germains et Scandinaves.
              L'image du chef ou du roi qui se dégageait de cette étude monumentale, référait aux religions et aux sociétés concernées tout autant qu'à leurs projections littéraires, et s'ornait tantôt de la justice de Zeus, tantôt des foudres d'Odon dans son nordique Wallala, et tantôt des mystères de l'hindou Arjuna; rarement des trois à la fois.
              Nous ne prétendons pas offrir un éventail aussi large ni aussi approfondi dans cette première approche du roi dans les épopées de l'espace mandé, qui sont le genre majeur de la littérature d'Afrique. Mais nous tenterons d'en cerner les contours, d'en isoler les éléments constitutifs, et partant, d'en dégager une conception spécifique du pouvoir, qui s'exprimerait jusque dans la politique contemporaine.
              À travers mythes et textes épiques du continent noir, se dessine de façon récurrente la grande figure du chef africain, que ce soit sous sa forme féodale dans les royaumes de savane, ou sous sa forme clanique dans les royaumes de forêts.
              Les Mansa mandingues, les Almamy peuls, les Mwami Tutsi ou les rois Akan et Yoruba, le Mohro Naaba, le Nkumu Mongo, le sultan des Bamoun, appartiennent certes à des aires culturelles très différentes. Différents aussi sont leurs signes distinctifs : coiffures, costumes, régalia; et il serait impossible d'en dresser un portrait type à la manière des souverains d'Europe, avec couronne, manteau de pourpre ou d'hermine, sceptre, trône. Les rois d'Afrique connaissent aussi ces apparats, mais nombre d'entre eux sont plus discrets, et parfois très peu distincts de leurs sujets, du moins dans leur costume.

              Item · s.d
              Part of Fonds Lilyan Kesteloot

              Dans le milieu traditionnel sahélien fortement structuré par les sociétés étatiques pré-coloniales et les castes de griots généalogistes, la question ne se posait pas l'épopée c'était l'histoire. Et l'histoire se racontait selon les lois d'une idéologie. L'idéologie dominante étant celle de la classe dominante, l'épopée c'était donc l'histoire selon les rois, les princes, les guerriers.
              Cette idéologie d'un pouvoir féodal bien hiérarchisé, s'articule sur les mythes fondamentaux de la société soudanaise.
              Car, comme l'a constaté Dumézil pour les épopées indo-européennes, on peut démontrer comment les grands mythes cosmogoniques informent et structurent les fonctions du pouvoir dans les épopées mandingues, soninké, wolof et peules.
              Donc l'épopée c'est d'abord l'idéologie
              On peut se demander en revanche si l'histoire moderne a encore quelque chose à voir avec l'épopée et si l'historien peut réellement se servir de textes qui semblent à ce point triturés par l'idéologie.
              Et si la réponse est positive on s'inquiétera à juste titre de savoir quels textes peuvent servir à la recherche historique, et quelles méthodes utiliser dans le cas des épopées orales. II faut signaler ici l'attitude hypersceptique des folkloristes américains concernant la teneur historique des épopées africaines. La position de Ralph Austen est sur ce point radicale. Les chercheurs hollandais du reste le rejoignent. Notre position est assez différente.
              Précisons donc les textes et les peuples spécifiquement concernés par notre approche
              Il ne s'agira évidemment que des épopées royales ou féodales liées aux dynasties ayant régné sur les territoires de cette zone qu'on nomme le Sahel, entre le 13 et le 20° siècle.
              A cette catégorie appartiennent les épopées du Sénégal citées plus haut, mais aussi bien sûr le Soundiata au Mali (mandingue) qui est une des plus anciennes (13° s.), Zabarkane, et Issa Korombé au Niger (Zerma), Askia Mohamed, Da Monzon de Ségou au Mali, Silamaka du Macina, Ardo Boubou Gallo et Oumarel Sawa Donde toujours au Mali, Samory Touré en Guinée

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