Encore un recueil de poèmes, dira-t-on! Soit
Ces chants » que nous propose Cheikhou DIONG ne sont pas un pur exercice littéraire. C'est, par le moyen de la poésie, une illustration de l'humanisme négro-africain, de la Négritude.
Les Africains qui liront ces textes se sentiront en pleines réalités de chez eux. Sont évoqués tour à tour les instruments de musique de leur pays, leurs usages et coutumes, leurs sites, leurs problèmes aussi bien historiques que philosophiques, sociaux et artistiques. A côté de ces thèmes, pourrait-on dire spécifiques, le poète en développe d'autres plus « universels » : la beauté de l'Eternel féminin, la fraternité, la solitude. Ici, précisément, la belle définition que l'Aîné des Poètes sénégalais, Léopold Sédar SENGHOR, propose, un de ses commentaires savoureux et pénétrants de l'Anthologie, trouve tout son sens. « La Négritude, c'est moins le thème que le style ; c'est cette chaleur émotionnelle qui donne vie aux mots, qui transmue la parole en Verbe ».
Monsieur DIONG est arrivé -tel doit être un poète à montrer que la poésie est affaire de langage, de style. Ces poèmes sont riches d'évocations, d'illusions, manifestent, de la part de l'auteur une sensibilité frémissante.
Sans doute, certains de ces textes sont-ils de circonstance, donc peu propres - qui sait, d'ailleurs ? -passer à la prospérité. Mais ce premier recueil donne, sur son auteur, des indications non douteuses : Monsieur DIONG a le sens du poétique, de l'art. Quand la lecture et la réflexion critique l'auront mûri, nul doute qu'il nous livre une œuvre accomplie, un chef-d'œuvre.
Je propose donc ces poèmes à la méditation de tous les jeunes qui se rendront bien compte, par eux, que les mots de poésie militante, poésie réaliste, n'ont pas grands sens. Déverser des tombereaux d'injures, proclamer un révolutionnarisme haletant dans une algèbre impénétrable, ne suffisent pas pour entrer dans la République des Lettres.
Guitariste
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Pièce
Fait partie de Fonds Lilyan Kesteloot