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Sem títuloCet article analyse l’œuvre de Maryse Condé sous l’angle de la quête identitaire. À travers ses romans, l’écrivaine interroge l’histoire coloniale, l’esclavage, l’exil et la condition féminine. Les personnages sont souvent en recherche de leurs origines, partagés entre Afrique, Antilles et Europe. L’écriture devient un moyen de reconstruction de soi et de réappropriation de la mémoire collective. L’auteur montre que la quête individuelle rejoint une quête culturelle plus large : comprendre son passé pour se libérer des aliénations et affirmer une identité plurielle.
Sem títuloCe texte compare deux mythes africains centrés sur la figure du serpent, symbole à la fois de chaos et de fécondité. Dans chaque récit, le serpent représente une force primitive que le héros doit affronter pour instaurer l’ordre social ou cosmique. L’auteur montre que le combat n’est pas seulement physique mais aussi symbolique : il marque le passage de la nature à la culture, de l’indifférencié à l’organisation humaine. Le serpent est également lié à l’eau, à la terre et aux ancêtres, ce qui lui confère une dimension sacrée. La victoire du héros fonde souvent une dynastie ou une communauté. L’étude met en lumière les fonctions initiatiques et politiques de ces mythes dans les sociétés traditionnelles.
Sem títuloLe recueil des Armes miraculeuses est l'œuvre de Césaire qui demeure la plus difficile à élucider. C'est celle où le poète utilise abondamment la méthode surréaliste et c'est sans doute la raison principale de son opacité. Peut-être aussi de la richesse de son jaillissement qui souvent déborde en avalanche d'images superbes. Le lecteur en reste foudroyé.
Nous ne pouvons cependant affirmer que ces poèmes sont hermétiques. Un éclair les traverse qui nous en livre la signification principale tout en laissant dans l'ombre des grandes plages, des textes qui nous échappent. Il faut alors s'assujettir à un laborieux exercice d'analyse pour augmenter le champ de la compréhension. Il est très rare qu'on y arrive totalement, et c'est normal. L'écriture surréaliste implique un certain pourcentage d'expressions et d'images produites par le hasard des associations automatiques. L'analyste ne peut leur trouver un sens que s'il rencontre le même hasard, ce qui est fort improbable. Par contre, il peut décripter certains symboles libérés par l'inconscient du poète et qui sont les temps forts du poème, les porteurs des significations majeures.
Dans la galaxie des écrivains noirs et de leurs idéologies successives, Maryse Condé est un auteur qui a toujours pris des positions paradoxales. Au plus fort de la négritude elle a choisi de présenter les problèmes en termes de classes plus que de races. Lors des colloques sur la francophonie, elle s'est toujours montrée réticente, et récemment, elle a explicitement récusé son identité comme écrivain francophone, annonçant qu'elle était en train d'écrire un roman en anglais. Enfin elle n'a jamais rejoint les rangs des tenants de l'antillanité et de la créolité. Maryse Condé appartient cependant, en par-tie, à ces différents mouvements et elle est sans contredit un des plus grands auteurs de la littérature négro-africaine.
Mais elle se veut délibérément « out sider >> refusant d'entrer dans une catégorie ou une croisade quelconque, même si c'est une croisade <<< porteuse >>. Elle mène son combat seule. On peut se demander pourquoi. Individualisme exacerbé? Allergie à tout grégarisme ? Incapacité d'insertion dans un mouvement collectif ? Malaise ontologique ? Exhibitionnisme larvé? Ou ce que j'appellerais le complexe de la chèvre ?
On peut aussi se demander comment, avec ces positions de constant décalage par rapport à ses collègues, Maryse Condé parvient à être l'un des auteurs les plus représentatifs du monde noir ?
Négritude: néologisme formé sur le mot latin niger, nigra, nigrum et signifiant le fait d'être noir, la noirceur. En anglais, même sens pour <<< négritude >> (Harrap's). En français, le mot «négritude >> n'a que 70 ans; il offre un bel exemple des variations sémantiques qu'un vocable peut subir en moins d'un demi-siècle. Il a signifié tour à tour l'appartenance à la race noire, cette race elle-même en tant que collectivité, la conscience et la revendication de l'homme noir colonisé, la caractéristique d'un style (en art et en littérature), << l'être-dans-le-monde-du-noir >> (Sartre) ou la manière dont le noir se conçoit et conçoit son rapport avec le monde, la spécificité culturelle des noirs au Sud du Sahara, << l'ensemble des valeurs de la civilisation africaine >> (Senghor) et enfin <<< la seule idéologie que l'Afrique noire puisse opposer aux idéologies occidentales >> (Senghor).
Quelle était la situation des peuples noirs à l'époque où l'on commença à parler de négritude ?
L’auteur examine trois mythes sahéliens pour montrer comment le sacré structure la vision du monde et l’organisation sociale. Les récits étudiés mettent en scène des ancêtres fondateurs, des esprits et des forces surnaturelles qui interviennent dans la création des royaumes et des lignages. Le sacré apparaît comme une médiation entre les hommes et l’invisible, garantissant la légitimité du pouvoir et la cohésion du groupe. Les rites, les interdits et les sacrifices sont interprétés comme des prolongements concrets du mythe. L’étude révèle que le mythe n’est pas un simple récit du passé, mais un système de pensée vivant qui régule le présent et l’avenir des communautés.
Sem títuloCe texte retrace l’histoire et les méthodes de la recherche en littérature orale menée à l’IFAN (Institut Fondamental d’Afrique Noire). Il montre comment les chercheurs ont collecté, transcrit et traduit contes, épopées, mythes et chants en langues africaines. L’auteur insiste sur les difficultés liées à la fidélité de la transcription, à la performance orale et au contexte rituel. L’importance de l’interdisciplinarité (linguistique, anthropologie, histoire) est soulignée. L’article met en valeur le rôle de l’IFAN dans la sauvegarde du patrimoine immatériel africain et dans la reconnaissance scientifique de la littérature orale comme véritable littérature.
Sem títuloDans le milieu traditionnel sahélien fortement structuré par les sociétés étatiques pré-coloniales et les castes de griots généalogistes, la question ne se posait pas l'épopée c'était l'histoire. Et l'histoire se racontait selon les lois d'une idéologie. L'idéologie dominante étant celle de la classe dominante, l'épopée c'était donc l'histoire selon les rois, les princes, les guerriers.
Cette idéologie d'un pouvoir féodal bien hiérarchisé, s'articule sur les mythes fondamentaux de la société soudanaise.
Car, comme l'a constaté Dumézil pour les épopées indo-européennes, on peut démontrer comment les grands mythes cosmogoniques informent et structurent les fonctions du pouvoir dans les épopées mandingues, soninké, wolof et peules.
Donc l'épopée c'est d'abord l'idéologie
On peut se demander en revanche si l'histoire moderne a encore quelque chose à voir avec l'épopée et si l'historien peut réellement se servir de textes qui semblent à ce point triturés par l'idéologie.
Et si la réponse est positive on s'inquiétera à juste titre de savoir quels textes peuvent servir à la recherche historique, et quelles méthodes utiliser dans le cas des épopées orales. II faut signaler ici l'attitude hypersceptique des folkloristes américains concernant la teneur historique des épopées africaines. La position de Ralph Austen est sur ce point radicale. Les chercheurs hollandais du reste le rejoignent. Notre position est assez différente.
Précisons donc les textes et les peuples spécifiquement concernés par notre approche
Il ne s'agira évidemment que des épopées royales ou féodales liées aux dynasties ayant régné sur les territoires de cette zone qu'on nomme le Sahel, entre le 13 et le 20° siècle.
A cette catégorie appartiennent les épopées du Sénégal citées plus haut, mais aussi bien sûr le Soundiata au Mali (mandingue) qui est une des plus anciennes (13° s.), Zabarkane, et Issa Korombé au Niger (Zerma), Askia Mohamed, Da Monzon de Ségou au Mali, Silamaka du Macina, Ardo Boubou Gallo et Oumarel Sawa Donde toujours au Mali, Samory Touré en Guinée
L’auteur analyse plusieurs versions du mythe fondateur du royaume du Gabou afin d’expliquer l’origine de la succession matrilinéaire chez les Nañco. Elle compare notamment les récits mettant en scène le serpent sacré Tamba Dibi, la femme ancestrale et les dynasties Sané et Mané. Le texte montre comment ces mythes justifient, sur le plan symbolique et religieux, le pouvoir politique et la transmission du trône par la lignée maternelle. Kesteloot souligne les contradictions entre tradition islamique patrilinéaire et coutumes locales plus anciennes. Elle met en relation le mythe, les pratiques rituelles (sacrifices, cultes) et l’histoire réelle du Gabou. L’étude insiste enfin sur la fonction idéologique du mythe : légitimer l’ordre social, sacraliser la royauté et expliquer l’organisation du pouvoir.
Sem títuloLes populations dites Cosaan (pêcheurs, chasseurs, cultiva-teurs) qui ont habité la Mauritanie et la Vallée du fleuve Sénégal semblent avoir été indifférenciées, du néolithique au 8è siècle. Des groupes de Peuls pasteurs et de Soninke travaillant le fer, arrivèrent de l'Est et s'installèrent dans le Fuuta Tooro. Il en sortira le pre-mier Etat de la région le Tékrour, contemporain du Gâna ou Wagadou mieux connu des historiens. Après deux siècles de coexistence, et de métissage avec les peuples locaux, les Tekrouriens (Toucouleurs) furent islamisés sous la poussée des Almoravides berbères et leur domination devint bientôt contraignante pour les pacifiques autochtones. Ces der-niers étaient très attachés à leurs croyances ancestrales fondées sur des génies reptiles liés au fleuve et aux points d'eau. Leurs lamanes (chefs de terre) avec les prêtres et les aînés des familles, gèrant les petites communautés villageoises, se trouvèrent donc devant le choix ou se soumettre au conquérant cu partir.
Sem títuloLe texte étudie le mythe de Ndiadiane Ndiaye, considéré comme l’ancêtre fondateur des royaumes wolof du Sénégal. Le récit mêle histoire et légende pour expliquer l’origine du pouvoir royal et l’unité politique du Jolof. Ndiadiane apparaît comme un héros civilisateur, porteur d’un pouvoir sacré transmis par les ancêtres et légitimé par les génies. Le mythe justifie l’organisation sociale, la hiérarchie des castes et la fonction du roi. L’auteur montre comment cette figure sert de référence identitaire et politique, même à l’époque moderne.
Sem títuloS i l'épopée est aisément identifiable sur toute la planète, les styles dif-fèrent tout de même beaucoup, selon les cultures plus que selon les auteurs.
Nous n'ambitionnerons pas ici de nous lancer dans une analyse exhaustive des styles épiques à l'échelle du Continent noir.
Mais il nous a paru possible, voire facile, d'établir un parallèle entre le style de la Chanson de geste médiévale tel que le caractérise François Suard¹ et celui des épopées royales, catégorie majeure du corpus ouest-africain; style qui "doit conjuguer célébration et récit, souci du dire vrai et stylisation tournée vers l'hyperbole".
Et tout d'abord F. Suard parle des stratégies narratives qui consistent à reprendre de laisse en laisse des vers parallèles qui soulignent l'action tout en lui donnant " un écho propre au chant"