Les populations dites Cosaan (pêcheurs, chasseurs, cultiva-teurs) qui ont habité la Mauritanie et la Vallée du fleuve Sénégal semblent avoir été indifférenciées, du néolithique au 8è siècle. Des groupes de Peuls pasteurs et de Soninke travaillant le fer, arrivèrent de l'Est et s'installèrent dans le Fuuta Tooro. Il en sortira le pre-mier Etat de la région le Tékrour, contemporain du Gâna ou Wagadou mieux connu des historiens. Après deux siècles de coexistence, et de métissage avec les peuples locaux, les Tekrouriens (Toucouleurs) furent islamisés sous la poussée des Almoravides berbères et leur domination devint bientôt contraignante pour les pacifiques autochtones. Ces der-niers étaient très attachés à leurs croyances ancestrales fondées sur des génies reptiles liés au fleuve et aux points d'eau. Leurs lamanes (chefs de terre) avec les prêtres et les aînés des familles, gèrant les petites communautés villageoises, se trouvèrent donc devant le choix ou se soumettre au conquérant cu partir.
UntitledLe texte étudie le mythe de Ndiadiane Ndiaye, considéré comme l’ancêtre fondateur des royaumes wolof du Sénégal. Le récit mêle histoire et légende pour expliquer l’origine du pouvoir royal et l’unité politique du Jolof. Ndiadiane apparaît comme un héros civilisateur, porteur d’un pouvoir sacré transmis par les ancêtres et légitimé par les génies. Le mythe justifie l’organisation sociale, la hiérarchie des castes et la fonction du roi. L’auteur montre comment cette figure sert de référence identitaire et politique, même à l’époque moderne.
UntitledS i l'épopée est aisément identifiable sur toute la planète, les styles dif-fèrent tout de même beaucoup, selon les cultures plus que selon les auteurs.
Nous n'ambitionnerons pas ici de nous lancer dans une analyse exhaustive des styles épiques à l'échelle du Continent noir.
Mais il nous a paru possible, voire facile, d'établir un parallèle entre le style de la Chanson de geste médiévale tel que le caractérise François Suard¹ et celui des épopées royales, catégorie majeure du corpus ouest-africain; style qui "doit conjuguer célébration et récit, souci du dire vrai et stylisation tournée vers l'hyperbole".
Et tout d'abord F. Suard parle des stratégies narratives qui consistent à reprendre de laisse en laisse des vers parallèles qui soulignent l'action tout en lui donnant " un écho propre au chant"