Habitant le Sénégal, amoureuse de la nature et amateur de littérature africaine, nous avons été amenée à rechercher chez les auteurs Sénégalais comment-ils percevaient leur nature et les relations qu'ils avaient avec elle.
Parmi les prosateurs sénégalais, certains d'entre eux se montrent plus préoccupés que d'autres, de la nature : Ousmane Socé Diop, Abdoulaye Sadji, Cheikh Hamidou Kane, Birago Diop et Sembène Ousmane.
Nous avons été particulièrement surprise de découvrir l'importance de la nature tout au long de l'œuvre de Sembène Ousmane (romans et nouvelles).
Pourquoi surprise?... parce que les critiques et les au-teurs de mémoires et de doctorats, voient surtout en Sembène l'écrivain de problèmes politiques et sociaux, l'homme politi-que engagé, critique de la colonisation et de l'Indépendance (1)
Roman
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Les personnages dans l'œuvre romanesque d'Henri Lopès", tel était l'intitulé originel de ce mémoire. Cependant, après une première lecture des œuvres du corpus, l'on s'aperçoit du lien très important entre la distribution des personnages et la structure narrative des œuvres.
En effet, ces personnages sont le fondement de tous les récits; non seulement ils en sont les acteurs, mais, d'une certaine façon, ils en sont les auteurs, car c'est toujours d'eux qu'émane le point de vue narratif. Aussi était-il préférable de restreindre le sujet à "Structures narratives et personnages dans l'œuvre romanesque d'Henri Lopès", afin de privilégier l'examen de ce procédé de restriction du point de vue narratif.
En outre, poser le sujet de cette manière permettait de ne pas axer l'étude simplement sur la psychologie des personnages. Certes, la psychologie des personnages est abordée, mais ce n'est pas une fin en soi. Les constats qui en résultent sont au service de l'analyse des procédés narratifs. Il en est de même pour l'étude sociologique des personnages. Car, on l'aura compris, le but de ce mémoire est de procéder à une analyse surtout formelle de l'œuvre de Henri Lopès, de montrer dans quelle mesure le sens du roman est tributaire de la forme.
Les épopées orales d'Afrique noire s'inscrivent dans plusieurs espaces: ceux qui relèvent d'une géographie très concrète correspondant aux lieux où se sont déroulées les actions évoquées; ceux qui relèvent d'un imaginaire lié à des con-ceptions cosmologiques locales ou étrangères (Islam surtout). Dans les épopées de l'Afrique nous rencontrons donc quatre ou cinq espaces physiques bien diffé-renciés: l'espace côtier ou fluvial, la savane herbeuse, la forêt, la montagne fores-tière, le désert.
La première sensation lorsqu'on aborde les épopées du Sahel de l'epicbelt comme les désigne le professeur américain John W. Johnson, c'est bien l'immen-sité de ces savanes où galopent les chevaux de Soundiata, de Guéladio, de Da Monzon, de Silamaka, de Hambodédio, de Sampolel, de Issa Korombe, de Lat Dior.
Chevaux de guerre mandingues, chevaux de razzieurs peuls, chevaux de bandits maures, la plaine à l'infini résonne encore du bruit de leurs sabots. On ne peut traverser le sablonneux pays wolof ou le rocailleux pays soninke, sans son-ger à ces cavaliers, ces paladins qui l'arpentèrent en tous sens, en comptant les distances par jours de marche; que ce soit les bergers rapides, à peine vêtus, seu-lement munis de leur lasso et de leurs lances, ou les guerriers (tondyon ou tied-do) lourdement chargés de gris gris, de sabres et de fusils rien ne les arrêta pen-dant des siècles sur les milliers de kilomètres carrés que compte la savane entre Dakar et Niamey. Rien sinon d'autres cavaliers, d'autres razzieurs, d'autres guer-riers. Comme rien n'intercepte le regard, rien ne le distrait sauf quelques rouges pitons rocheux, par-ci, par-là; rien donc que la savane clairsemée d'arbres mai-gres, comme transparents sous le soleil de plomb, ou la brume légère du matin qui leur donne allure de fantômes.
Mais voici que je m'égare et que le principe de plaisir l'emporte sur le de-voir scientifique. Mais après tout il s'agit de littérature et il faut bien quelque part qu'elle reprenne ses droits. Bon, je m'arrête!